J'étais une enfant de 6 ans qui rêvait de poupées, de jouets et d'amis (es). Mais voilà, un abuseur d'enfant a brisé tous mes rêves et m'a réduite à néant. Pendant des années, j'ai voulu mourir, j'ai tout détesté de mon corps le dedans comme le dehors. Il m'a volé tous mes rêves, détruit mon innocence et n'a laissé que des cendres. Combien de fois ai-je essayé avec une brosse à plancher de me débarrasser de sa souillure et d'être propre enfin, mais rien n'a fonctionné. Je me sentais sale et j'avais l'impression que tous les gens savaient ce qui se passait, que c'était écrit en grosses lettres sur mon visage. Mais personne n'a jamais compris ma détresse, ni mon cri que je diffusais tout bas.
Mon abuseur a abusé de ma confiance et m'a menacée mille et une fois des châtiments que je subirais si je venais à en parler. Comme il était un adulte qui connaissait bien des choses, je l'ai cru ce qui a fait durée mon calvaire trop longtemps. La honte, la peur et l'angoisse m'ont accompagnée de nombreuses années, de plus mes rapports avec le sexe opposé n'ont pas été des plus faciles. Car je mettais tous les hommes dans le même bateau, tout ce qu'ils voulaient c'était de me posséder car sinon je ne valais rien. J'ai vécu près de 20 ans, avec la sensation que je ne méritais pas d'être aimé et pour réussir à sortir de mon cauchemar j'ai eu recours à une thérapie. Ce n'est qu'à la fin de celle-ci que j'ai compris que j'étais quelqu'un qui valait la peine d'être aimé et enfin accepté qu'il ait pu prendre mon corps mais pas mon esprit.
Aujourd'hui, je vais mieux, mais la petite fille que j'étais n'oubliera jamais et fera tout pour que les autres petites filles qu'elle connaît n'aient à subir ce calvaire. Un enfant ne vous le dira jamais de vive voix, rares sont ceux qui le feront, mais tous vous le diront à demi-mot. Alors, gardez vos oreilles ouvertes et écoutez bien, pour qu'enfin cesse la terreur de l'abus chez les enfants.
Je suis maintenant agée de 31 ans . Chaque nuit les couchemars continue ...

























